D'abord qu'est ce que la bisexualité ?
La définition littérale
Le terme « bisexualité » est un mot formé sur le modèle des termes « homosexualité » et « hétérosexualité ». La bisexualité consiste en une attirance sexuelle pour des personnes des deux sexes, soit simultanément soit alternativement.
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Les bis se définissent donc ainsi : « Nous aimons vivre nos désirs, nos amours, nos sexualités, nos sensualités avec des hommes et des femmes, de manière conjointe, simultanée ou successive et de façon permanente ou temporaire. Nous assumons notre double attirance affective et sexuelle et vivons sereinement nos amours, homosexuels et hétérosexuels. La condition bisexuelle n'est pas un choix : elle s'est imposée à nous comme l'hétérosexualité s'impose aux hétérosexuels, comme l'homosexualité s'impose aux homosexuels. » (bi'cause)
Une volonté de visibilité : le drapeau bi
La seule visibilité est le drapeau bi : il a été dévoilé le 5 septembre 1998 par Michael Page. Sa création visait à assurer la visibilité bisexuelle d'une façon globale. Jusqu'à sa création, il n'existait pas de symboles spécifiquement « bi » affirmant la reconnaissance de l'identité bi d'une façon évidente. Les couleurs du drapeau bi sont le magenta, le lavande et le bleu royal. La couleur magenta couvre 40% de la dimension horizontale. Le lavande, quant à lui est le résultat du métissage du magenta et du bleu royal, il couvre 20% du drapeau. La partie inférieure, de couleur bleu royal, représente aussi 40% de la dimension totale du drapeau.
Le magenta représente l'attirance vers une personne de même sexe. Le métissage qui résulte en la couleur lavande représente l'attirance envers les deux sexes. Le bleu royal représente l'attirance pour le sexe opposé. L'idée maîtresse pour comprendre la symbolique du drapeau est que la couleur bi (le lavande) est à peine percevable dans le monde gai et hétéro comme dans la réalité. Ce qui démontre l'invisibilité bisexuelle dans les communautés homosexuelles et hétérosexuelles.
Une société normative qui entraîne la biphobie
Le souci dans la société normative qu'est la France est que les bisexuels déjouent toutes les statistiques, on ne sait pas combien ils sont, ils passent d'une sexualité à l'autre, se réfère à l'hétérosexualité ou à l'homosexualité selon les revendications ou les normes dans lesquelles ils désirent s'inscrire. Ne pas savoir ou les er ni les situer perturbe beaucoup les esprits. Comparativement à l'homosexualité ou l'hétérosexualité qui permettent d'établir des analyses à partir de multiples enquêtes, la bisexualité reste un territoire encore très peu exploré même parfois pour ceux qui ont cette orientation sexuelle.
La biphobie est d'une manière générale, refuser aux bisexuels le sentiment amoureux pour un unique individu, alors qu'il revendique son attirance pour les deux sexes tout en choisissant la plupart du temps de vivre pleinement avec une seule personne.
On peut tout à fait être victime de biphobie. Que l'on soit dans le cadre d'une relation hétérosexuelle ou homosexuelle, c'est exactement la même chose. On ne vous reproche pas d'avoir des aventures homosexuelles/et ou des aventures hétérosexuelles, on vous juge incapable de choisir entre une norme sociale qui est le couple hétéro et la construction d'une autre norme qui est le couple homo.
La norme sociétale impose le couple, avec ce qu'il faut de fidélité, et on suppose qu'un bisexuel ne pourrait pas le mettre en pratique.
La bisexualité transgresse trois piliers fondamentaux : l'identité de genre, la question du couple et l'appartenance socioculturelle au monde homo ou hétéro. La question de la bisexualité embête tout le monde mais fascine aussi parce qu'elle touche à des points fondamentaux de notre culture.
Les bis n'existent pas !
Être bisexuel, une orientation sexuelle à prouver...
Mais l'étendue de la biphobie ne se situe pas seulement dans cette particularité. Le problème le plus significatif réside dans les affirmations défendues avec acharnement que la bisexualité n'existe pas donc par conséquent, que les bisexuels n'existent pas, qu'ils n'ont aucune légitimité puisqu'ils sont sans réalité physique.
Catherine Deschamps nous explique dans l'article qu'elle a écrit dans le dictionnaire de l'homophobie, que la biphobie se distingue des autres phobies liées à l'orientation sexuelle car des facteurs différents de rejets se jouent. La première des caractéristiques de la biphobie, comme je l'ai cité ci-dessus, vient du fait qu'elle est énoncée par des femmes et des hommes hétérosexuels, inscrits dans la norme mais aussi par des homosexuels et des lesbiennes, représentants d'une minorité sexuelle. Les attaques biphobes sont donc croisées et multilatérales.
La première incompréhension vient du fait que la bisexualité occupe une position « d'entre-deux », conjuguée à une histoire collective et politique récente et encore largement invisible. Tout ceci suffit à expliquer les discriminations dont sont l'objet les femmes et les hommes bisexuels.
Catherine Deschamps compare ce rejet à l'exclusion de tous les groupes intermédiaires sans histoire politique et culturelle affirmée : on ne nie pas les métis parce qu'ils ont une distinction de chair alors que la bisexualité n'a pas d'empreinte inscrite dans l'apparence extérieure : seule l'existence connue de partenaires des deux sexes permet de la donner à voir. Pourtant on ne nie pas l'hétérosexualité d'un homme qui n'a plus de partenaires depuis longtemps, il est ad vitam aeternam considéré comme tel. Il faut sans cesse le répéter, le réaffirmer lorsqu'on est bisexuel pour le prouver.
La bisexualité, une histoire universelle
Pourtant, la bisexualité a une histoire universelle. Les gens dans la plupart des sociétés ont montré des variables degrés de bisexualité, et la plupart du temps, ce qu'est appelée l'homosexualité dans les cultures anciennes est en fait la bisexualité. Par exemple, en Grèce ancienne les hommes ont engagé souvent des relations de même sexe, alors qu'ils avaient aussi des épouses. La Rome ancienne, les pays arabes, la Chine et le Japon, tous affichent des modèles de comportement bisexuel. Peut-être l'exemple le plus célèbre et militariste est Alexandre le Grand qui avait beaucoup de femmes, mais aussi une relation sexuelle avec son ami proche Hephaestion, il en est de même avec presque tous les empereurs romains, les shoguns de Japon, les empereurs chinois , cela est vérifiable dans chaque pays et à chaque époque.
L'infidélité et le sida
L'infidélité
Parmi les craintes de la prolifération de la bisexualité, il y a l'infidélité, elle constitue d'ailleurs le paradoxe de la biphobie : pour faire taire la suspicion, il faudrait que les bisexuels multiplient les partenaires or l'un des constants reproches qui leur soit fait est leur infidélité.
L'important n'est pas de se battre pour expliquer que l'infidélité n'est pas plus grande chez les bis que chez les homos ou hétéros mais de comprendre pourquoi on stigmatise des personnes au motif qu'elles ne seraient pas exclusives ? L'accusation d'infidélité met à jour une norme transversale à l'ensemble des orientations sexuelles : il s'agit de continuer à faire croire que l'amour exclusif et excluant est possible.
Le Couple, la fidélité avec ce fantasme d'amour éternel et exclusif reste la référence dans notre société judéo-chrétienne. Mais la bisexualité peut modifier et élargir la définition du couple, s'arranger en cachette avec la fidélité, réinventer, ce qui ne manquera sûrement pas de se faire dans quelques années, le concept de la famille mais non toucher au rêve, à l'absolu, le sens de cette société, non jamais non toucher à ce qui nous tient debout espérant le seul objectif de toute une vie (loin des combats sociaux pour le bien-être de chacun), la vraie, la seule religion, j'ai nommé le grand amour.
Le Sida
Dans la bisexualité, le dernier tabou, de Rommel Mendès-Leite, on apprend que lorsqu'un mari ou une femme découvrait la bisexualité de son mari/épouse, après la désillusion s'ajoutait la peur d'être contaminé par le SIDA, bien sur le virus peut survenir dans cette situation comme dans tout autre situation. Ce qu'on oublie souvent, c'est que la prévention du SIDA concerne tout à chacun et n'est pas liée à certains groupes sociaux où certaines formes d'expression de la sexualité mais plutôt à la manière selon laquelle celles-ci sont accomplies. Peu importe le sexe biologique, l'orientation sexuelle, l'origine sociale, géographique ou ethnique, le de vie ou l'apparence du partenaire sexuel choisi. Ce qui est essentiel, c'est que certains gestes de prévention soient mis en œuvre, dont le plus répandu est l'usage du préservatif. Une attitude assez répandue et qui constitue une protection imaginaire consiste à ne considérer comme concernées par le risque de contamination que les personnes appartenant à un des prétendus « groupes à risques » : et de citer les toxicomanes, les prostitué(e)s, les échangistes, les homosexuels et les bisexuels. Mais ces personnes concernées ont une conscience plus grande de l'épidémie et se protègent de manière plus instinctive.
La biphobie intériorisée
La bisexualité est difficile à vivre au quotidien, dans le couple comme dans la société. La première biphobie se trouve intériorisée chez les bisexuels et il y a beaucoup de chemin à faire. Il y a tellement de différences, voire de divergences entre les bis qu'une définition est encore loin d'émerger. La crainte notamment d'être pris pour de joyeux partouzards fait prendre chez certains des comportements de raideurs morales surprenantes.
En 2000, aux UEEH, Daniel Welzer-Lang a obtenu des résultats plus concrets, il affirme que les bisexuels ont un de vie particulier, des goûts sociaux, des besoins qui leur sont spécifiques. Il observe d'ailleurs que de nombreux bisexuels ressentent une grande culpabilité quant à leurs attirances sexuelles. Les femmes bisexuelles ont moins de rapports homosexuels que les hommes, mais elles tombent plus souvent amoureuses de leurs semblables ; pour les hommes bisexuels, c'est tout à fait l'inverse : s'ils ont davantage de rapports sexuels avec leur propre sexe, leurs sentiments amoureux sont plus souvent dirigés vers les femmes.
Contrairement aux homosexuels, les bis n'ont pas de communautés d'appartenance, pas de références culturelles spécifiques et peu de visibilité. Ils ne veulent pas s'enfermer dans un ghetto, une communauté puisque la diversité est l'essence même de la bisexualité. Ils revendiquent l'ouverture, la fluidité et le droit de circuler entre deux clans monosexuels. Reste qu'aujourd'hui, pour la plupart des bis, leur choix de vie relève du domaine de la sphère privée. Ils évitent ainsi d'être stigmatisés.
Les bis vivent leurs côtés « homosexuel » de manière plus cachée que leur côté « hétérosexuel » à cause du regard des autres. On demande souvent aux bis de se définir et de justifier leur bisexualité ; par exemple en leur posant des questions sur leurs pratiques, une sorte de comptabilité. Les bis souhaitent notamment avoir un « droit à l'autobiographie historique » : c'est à dire qu'avoir été bisexuel suffirait à se reconnaître comme tel sans avoir à le justifier par des pratiques régulières, notamment pour ceux ou celles qui choisissent de vivre en accord avec la fidélité choisie dans le couple. Par ailleurs, elle se vit plus ou moins cachée selon si le/la partenaire est au courant, l'accepte et le comprend, la relation sera alors plus ou moins authentique ou cachée.
La biphobie chez les homosexuel(le)s et les hétérosexuel(le)s
Les lesbiennes tolèrent les bisexuelles mais les regardent tout de même comme des traîtresses à la cause des femmes. Les gais sont plus tolérants à l'égard des bis mais ne comprennent peut-être pas pourquoi ils ne choisissent pas. Les bis sont souvent considérés comme ceux qui ne sont pas capables de choisir, de se fixer dans une relation unique et stable. Socialement, la femme bi est mieux acceptée par le milieu macho car ses pratiques renforcent les fantasmes masculins. Il est fréquent de voir des pratiques de femmes bis dans les films pornos, alors que des images de pratiques bis pour les hommes y sont très rares.
Pour les femmes hétérosexuelles, la hiérarchie s'établit en fonction de l'orientation sexuelle, elles acceptent plus l'homosexualité que la bisexualité alors que chez les hommes, la hiérarchie s'établit en fonction du sexe (femme-homme) : ils acceptent d'abord les femmes bi aux femmes homosexuelles puis les hommes bi aux hommes homosexuels. Mais la bisexualité n'étant pas homologuée, les bis sont le plus souvent considérés comme des assoiffés de sexe par la majorité hétérosexuelle.
Il faut l'admettre, c'est souvent au sein même de la communauté homosexuelle que les bisexuels ont le plus de peine à être reconnus. Elle a une perception très négative de la bisexualité car ils sont considérés comme des homos qui ne s'assument pas. Sandrine Pache qui a rejoint l'association bi'cause (auparavant fondatrice d'une association bi en Suisse) explique que les acquis de la culture homo sont récents et fragiles or être bi c'est aussi être homo avec tous les problèmes et les discriminations que cela implique.
Ouverture : Les bis pourraient peut-être lutter avec les queers pour une critique de la société hétérocentrée, pour combattre l'hétérosexualité comme système politique dominant.
Milène Leroy
Bon il est vrai que j'adore cette article qui n'est pas de moi je précise mais je ne pense pas que les bi soit traité plus durement que les homo. Bon c'est vrai que certains gays ou homo
peuvent nous reprocher de jouer sur les deux tableaux mais sérieusement a part une personne qui m'a di ca je n'ai jamais eu de problème par contre euh je voudrais pas dire mais mon drapeau c le drapeau gay pas celui la.
Pourquoi?
Tout simplement parce que 1) c'est le même combat que nous livrons égalité, non a l'homophobie, oui a la tolérence... J'ai des amis hétéro qui trouve que ce drapeau et le plus bo du monde car il représente l'ouverture d'ésprit donc ce drapeau pour moi n'est pas qu'un drapeau pour les gays et lesbiennes mais un drapeau pour les droits que l'on devrait avoir
2) les couleurs sont plus jolies ^^^
ALORS MOI JE DIS VIVE LE DRAPEAU GAY LOL
les couleurs sont plus jolies